Le gouvernement français a officiellement abandonné l’article 23 du projet de loi de finances (PLF) 2026, qui proposait une nouvelle taxe sur les liquides de vapotage ainsi qu’un durcissement de la réglementation du marché de la cigarette électronique. La mesure a été retirée après l’activation de l’article 49.3 de la Constitution le 20 janvier 2026 par le gouvernement Lecornu. Cette décision constitue une victoire majeure pour le lobby pro-vape, mais suscite de vives inquiétudes parmi les organisations de santé publique comme le CNCT, qui alertent sur la menace persistante que représente l’expansion non régulée des produits nicotinés chez les jeunes.
Points clés
- Taxe annulée : Le droit d’accise proposé de 0,30 € à 0,50 € par 10 mL sur les e-liquides a été supprimé.
- Réglementation abandonnée : Les projets d’interdiction des ventes en ligne et d’obligation d’une licence de type « buraliste » pour les boutiques de vape ont également été retirés.
- Impact du lobbying : Une campagne structurée menée par l’industrie du vapotage et les géants du tabac a réussi à affaiblir puis à faire supprimer ces mesures.
- Usage chez les jeunes : Les données montrent que 64 % des Français de 18-24 ans ont déjà expérimenté le vapotage, soulignant l’urgence d’une future régulation.
L’opportunité manquée : ce que proposait l’article 23
Le texte législatif révèle que l’article 23 ne se limitait pas à une hausse fiscale, mais constituait une refonte réglementaire complète visant à limiter l’accès des jeunes. Initialement, le projet visait à traiter les produits de vapotage — y compris les liquides CBD sans nicotine — avec une sévérité plus proche de celle appliquée au tabac traditionnel.
Le plan initial du gouvernement incluait une taxe spécifique fondée sur la concentration en nicotine : 0,30 € par flacon de 10 mL pour les liquides jusqu’à 15 mg/mL, et 0,50 € pour les concentrations plus élevées. Étant donné que ces flacons se vendent généralement entre 5 et 7 €, cela aurait représenté une hausse de prix notable. Plus important encore, le texte proposait d’interdire les ventes en ligne et de mettre en place un système d’agrément obligatoire pour les détaillants. Cela aurait effectivement empêché l’ouverture de boutiques de vape à proximité des écoles et coupé la chaîne d’approvisionnement numérique, qui représente actuellement 25 % des ventes du secteur.
Puissance du lobbying vs santé publique
Une analyse approfondie des manœuvres politiques en coulisses met en lumière les intérêts commerciaux en jeu. Le retrait de l’article 23 fait suite à une intense campagne de lobbying orchestrée par les industries du tabac et de la nicotine. Des organisations comme France Vapotage — qui entretient des liens avec l’industrie du tabac — ont mobilisé l’opinion publique en présentant la taxe comme une pénalisation des outils de « réduction des risques ». Elles ont soutenu que rendre le vapotage plus coûteux priverait les fumeurs d’une alternative moins nocive.
Le Comité National Contre le Tabagisme (CNCT) estime toutefois que ce discours sur la « réduction des risques » constitue un cheval de Troie. Selon lui, la stratégie de l’industrie consiste à normaliser de nouveaux produits nicotinés (tabac chauffé, sachets de nicotine) afin d’accrocher une nouvelle génération de non-fumeurs. Bien que les cigarettes électroniques ne soient pas classées comme produits du tabac en Europe occidentale, elles sont loin d’être inoffensives. Le CNCT souligne que la dépendance précoce à la nicotine crée un « effet passerelle », orientant les jeunes vers d’autres substances addictives.
Matrice comparative : la bataille pour la régulation
Le débat oppose liberté commerciale et protection sanitaire stricte. Le tableau suivant résume les positions contradictoires.
| Mesure | Proposition du gouvernement (Article 23) | Position de l’industrie (Lobby) |
|---|---|---|
| Fiscalité | Accise de 0,30 € – 0,50 € par 10 mL. | Opposée (affirme que cela pénalise les ex-fumeurs). |
| Distribution | Interdiction des ventes en ligne ; agrément obligatoire. | Opposée (défend l’accès libre au marché). |
| Objectif | Réduire l’accessibilité pour les jeunes (Santé). | Maintenir l’accès « réduction des risques » (Commercial). |
| Résultat | Abandonné via le 49.3 | Victoire (statu quo maintenu) |
L’inévitabilité d’une future régulation
Même si le budget 2026 n’inclura pas ces mesures, la pause réglementaire sera probablement temporaire. La tendance mondiale évolue clairement vers un contrôle plus strict. Actuellement, au moins 46 pays ont interdit la vente de cigarettes électroniques (y compris les « puffs » jetables en France, en Belgique et au Royaume-Uni), tandis que 82 autres en réglementent la distribution. Le consensus scientifique sur la nocivité du vapotage se renforce, et le marketing agressif ciblant les jeunes rend le statu quo intenable.
Le livre blanc du CNCT continue de recommander une politique fiscale « intermédiaire » : des taxes plus élevées que pour les biens de consommation courante mais inférieures à celles du tabac, combinées à des paquets neutres et à une interdiction des arômes. Avec 8,7 % des adultes français de 25-35 ans qui vapotent quotidiennement, la pression pour mettre en place un cadre juridique ne fera qu’augmenter lors des prochaines sessions législatives.
Les prix des vapes vont-ils augmenter en France en 2026 ?
Non, pas en raison de la fiscalité. Avec le retrait de l’article 23, la taxe d’accise proposée est abandonnée pour l’instant. Toutefois, l’inflation et les coûts de fabrication peuvent toujours influencer les prix de détail indépendamment de la politique fiscale du gouvernement.
Reference:
111Budget 2026 : la taxe sur les liquides de vapotage disparaît avec l’utilisation du 49.3, Libération et AFP, publié le 20 janvier 2026, consulté le 21 janvier 2026
222Global Center for Good Governance in Tobacco Control, E-CIGARETTE BAN & REGULATION: Global Status as of May 2025, publié le 4 juin 2025, consulté le 16 décembre 2025

Vape Industry Content Creator | Product Reviewer | Harm Reduction Advocate
Alex Chen is a professional vape content creator with a strong focus on product education, industry trends, and harm reduction. With years of hands-on experience testing disposable vapes, pod systems, and e-liquids, Alex provides clear, unbiased insights to help adult consumers make informed decisions.








